Les normes directrices canadiennes en matière de quantité d’activité physique sont assouplies

Facebooktwitterlinkedinmail

Combien d’exercices devons-nous accomplir chaque jour pour en retirer des bénéfices satisfaisants pour la santé? 150 minutes d’activité physique cumulative et modérée à élevée par semaine pour les adultes et 60 minutes par jour pour les enfants. Voilà la nouvelle cible recommandée au Canada pour l’ensemble de la population.

Retour à la case départ, soit celle du premier avis du comité scientifique de kino-Québec sur la quantité d’activité physique requise pour en retirer des bénéfices pour la santé que j’avais écrit avec Claude Bouchard en 1999.

Il s’agit toutefois d’un MINIMUM à atteindre. Et cette approche de communication, mal rendue par les médias à la recherche de titres alarmants, s’adresse à la majorité des Canadiens qui ne réussissent même pas à y parvenir et qui en ont vraiment besoin. Ce nouveau message porte toutefois à confusion puisqu’on a l’impression qu’on vient de normaliser la note de passage pour une population qui a échoué l’examen. On dirait que la quantité d’exercices nécessaire, et par association ses effets sur la santé, ne sont pas si importants qu’on le prétendait.

Ce n’est pas le cas. Au contraire. C’est plutôt un ajustement mis de l’avant par les autorités canadiennes pour se conformer aux lignes directrices mondiales de l’Organisation Mondiale de la Santé. En effet, l’approche de promotion précédente n’a pas réussi à convaincre une proportion significative de la population à y adhérer.

Il faut toutefois comprendre que les anciennes normes directrices (60 minutes par jour pour un total de 300 minutes par semaine chez les adultes et 90 min chez les enfants) est et reste LA règle d’or à atteindre pour en soutirer un maximum de bénéfices pour la santé. En effet, doubler la quantité d’activité physique double l’ensemble des bénéfices. A cela s’ajoute des exercices de renforcement musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine.

Il fallait donc s’adresser à la population selon une approche différente.

Etonnant? Dans un sens Oui; considérant les innombrables bénéfices de l’activité physique sur la santé et du rôle joué par l’activité physique sur la capacité vitale de chacun de faire face au rythme effréné de la vie moderne. L’activité physique est prescrite pour prévenir de nombreuses maladies chroniques dont souffrent une grande partie des Canadiens, surtout nos aînés. L’activité physique est même l’équivalent d’un médicament qui sert de traitement et de réhabilitation à des affections musculaires, articulaires et métaboliques (cancer, diabète, hypertension, maladies cardiaques, fibromyalgie, blessures, etc.). Et puis l’activité physique est une activité sociale qui aide à gérer le stress. Les bénéfices sont nombreuses. Il suffit de choisir ceux qui nous motivent.

Étonnant, Oui, considérant que les gens trouvent paradoxalement le temps d’écouter 20 heures de télévision par semaine. Question de temps, de priorité ou de paresse dans un monde ou l’effort n’est plus valorisé?

Dans un autre sens, ce n’est pas étonnant considérant la conciliation famille-travail, l’attrait des loisirs sédentaires et même inactifs proposés dans le confort de la maison, et considérant que souvent les deux parents travaillent.

Le nouveau message bien que peu convainquant se veut rassurant pour les Canadiens. En effet, avec seulement 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée, ils pourront en retirer des bénéfices intéressants pour la santé. « Moins c’est bien, mais plus c’est mieux » comme le précise à juste titre Ariane Krol dans son blogue-éditorial de La Presse.

Il y a en fait 2 étapes à franchir pour considérer avoir des habitudes de vie santé. Le niveau minimum et le niveau optimum. C’est la même chose pour la consommation des fruits et légumes. En effet 5 fruits et légumes est la cible minimale à atteindre, ce que un peu plus de 55% des Québécois arrivent à atteidre au quotidien, mais la règle d’or est 7 à 8 portions selon la Guide alimentaire canadien.  C’est la même chose pour les produits laitiers dont le slogan est « un verre de lait c’est bien, mais deux verres de lait par jour c’est mieux ».

Je m’inquiète tout de même de constater que la plus belle patinoire à Québec (celle de la Pointe-aux-lièvres), ne soit pas plus fréquentée que cela, sauf peut-être le dimanche après-midi entre 14h et 16h. Il s’agit pourtant d’un parcours sinueux de 1 km de long, agrémenté de musique tout le long du parcours et d’accès gratuit.

C’est un bel effort, mais c’est insuffisant. Hormis ce 30 minutes de patinage du dimanche, il reste à planifier 120 autres minutes d’activité physique réparties au cours des autres jours de la semaine de la façon qui vous semble la plus pratique, stimulante et agréable.

Allez!, il suffit par exemple de marcher rapidement à votre lieu de travail 3 fois 20 minutes aller-retour à chaque semaine. Ou encore de se munir d’un podomètre et de marcher un minimum de 8000 pas au total de la journée (10000 pas constituant la règle d’or chez les adultes, 13000 chez les enfants), pendant 4 jours. Ou encore aller au gym, ou partir en randonnée de ski de fond en famille ou s’inscrire à un cours d’aérobie ou s’abonner à un club des maîtres-nageurs 2 fois 60 minutes par semaine. Les possibilités sont variées.

Pour parvenir à intégrer l’activité physique à votre quotidien, faites appel à un kinésiologue, le professionnel de la santé, spécialiste de l’activité physique. Il vous aidera à vous motiver, et surtout, à trouver du PLAISIR à être physiquement actif au quotidien.

Une bonne résolution à prendre en ce début d’année et à maintenir…

Il reste toutefois des efforts considérables à accomplir pour rendre les déplacements actifs accessibles pour tous au quotidien, dans un aménagement urbain où l’automobile est encore roi.

 

_________________________________________________
Paul Boisvert, PhD, docteur en kinésiologie
Coach Minceur en perte de poids santé
Expert-analyste sur l’obésité, la saine alimentation et l’activité physique
http://coachpoidssante.ca
Facebooktwitterpinterestlinkedinyoutubetumblrinstagramflickr

Le marketing behavioural pour promouvoir la bouffe santé à l’école

Facebooktwitterlinkedinmail

À l’école secondaire De Rochebelle, à Sainte-Foy, j’ai proposé et initié en 2004, à la demande du directeur,  un projet de virage santé  qui a consisté à constituer le Comité Action Santé, à rédiger une politique alimentaire, à modifier progressivement l’environnement alimentaire (machines distributrices d’aliments et de boissons, menu et fonctionnement de la cafétéria) et à élaborer une campagne d’éducation et de sensibilisation auprès des élèves, du personnel et des parents. A ma demande, le matériel éducatif est maintenant mis à la disposition des autres écoles sur le site internet du Comité Action Santé.


Pour que tous ces changements environnementaux et éducatifs puissent avoir un impact durable, il fallait aller plus loin. J’ai alors suggéré en juin 2007 au Comité Action Santé de poursuivre ce projet avec un volet de changement des comportements. Dans un premier temps, à l’aide de l’obtention d’une subvention du Centre de recherche sur la Prévention de l’Obésité (CRPO) de la Fondation Chagnon, nous avons analysé en 2008 l’attitude et les habitudes des élèves à l’égard du repas du midi. 

 Il est ressorti de cette étude que entre 25 et 40 % des élèves s’aventurent hors de l’école au moins une fois tous les dix jours à l’heure du lunch. Les réponses fournies par les élèves ont mis en lumière certains obstacles relatifs au milieu physique de l’école ainsi qu’au sentiment de compétence personnelle dans la préparation des lunchs

Les résultats d’enquête du projet « Diner à l’école » mènent à travailler en 2009-2010 sur l’amélioration de l’aménagement extérieur et intérieur des endroits pour manger (ajout de tables et de chaises à la cafétéria, augmentation du nombre de fours micro-ondes, réduction du temps d’attente pour être servi à la cafétéria), sur l’attrait des activités de l’école à l’heure du midi, sur des interventions éducatives pour promouvoir le comportement de rester à l’école pour dîner. 

Par ailleurs, plusieurs petits gestes ont ainsi été tentés pour inciter les jeunes à mieux s’alimenter à la cafétéria. Certains s’approchent de l’économie behaviorale. On pense ici au comptoir à sous-marins qui donne accès à une caisse rapide, aux promotions sur des produits vedettes (clémentines, smoothies, pain aux canneberges), au panier de fruits près de la caisse, aux nouvelles salades plus attrayantes ajoutées au bar à salades. La disposition des aliments a notamment été repensée. Il y a moyen d’augmenter considérablement les ventes de produits santé dans les cafétérias scolaires en changeant simplement l’emplacement des bons et des mauvais choix alimentaires et en empruntant aux techniques de marketing utilisées dans les supermarchés pour rendre les bons choix plus attrayant.

Stratégies santé implantées à L’École secondaire de Rochebelle par la Chaire de recherche sur l’obésité
-concours de recettes santé
-noms de menus attrayants (pizza au poulet, riz à l’indienne,  sauté de poulet à la thai, pain de lentilles sauce napolitaine)
-vente subventionnée et publicisée d’aliments vedettes (clémentine, pain aux canneberges, smoothie)
-atelier de cuisine et de découverte du goût
-bar à salade avec caisse express
-sandwicherie personnalisée
-panier de fruits près de la caisse
-placer le lait au chocolat derrière le lait régulier
-2e ligne de service
-ajout de micro-onde
-le menu du jour exclut les boissons sucrées
_________________________________________________
Paul Boisvert, PhD, docteur en kinésiologie
Coach Minceur en perte de poids santé
Expert-analyste sur l’obésité, la saine alimentation et l’activité physique

Apercu

Facebooktwitterpinterestlinkedinyoutubetumblrinstagramflickr

Transport actif au Québec: ou en sommes-nous?

Facebooktwitterlinkedinmail
Nouveau tronçon reliant la promenade Champlain
à l’avenue des Hôtels en passant par la côte Ross à Québec
Photo CCNQ Philippe Plante

Le transport actif consiste en des déplacements à pied, à bicyclette ou en patins à roues alignées vers l’arrêt d’autobus, le travail ou l’école sans utiliser la voiture. Une campagne de promotion et de sensibilisation intitulée La semaine des transports collectifs et actifs a lieu à Québec et à Gatineau, du 16 au 22 septembre 2010. 

Parmi les activités organisées, il y a la manifestation J’embarque pour le vélo à Québec ! Venez pédaler pour montrer votre soutien à l’amélioration du réseau cyclable.

Lancement d’un nouveau service-conseil aux citoyens d’Accès transports viables, appelé Mon PLAN :  Faites faire votre plan de déplacement personnalisé par un conseiller-expert en mobilité.

Le 22 septembre, on se déplace sans voiture dans toute la région de Québec ! Une activité de sensibilisation d’envergure internationale.

L’Université Laval organisait aussi un débat-conférence A vélo en ville, partage de la route, sécurité et infrastructures. Lors de cette rencontre les panélistes ont fait l’état de la situation de l’utilisation des pistes cyclables au Québec.

On y apprend par exemple que la proportion de cyclistes actifs est plus grande au Québec (47%) que partout ailleurs au Canada et aux États-Unis. 73% d’entre eux, soit 33% de la population, sont des assidus, (1 fois par semaine ou plus). 16% de la population utilise le vélo (50% des assidus) comme mode principal (6%) ou occasionnel (10%) de transport. Cette proportion s’élève à 32% chez les 18-24 ans. La distance médiane entre le domicile et le lieu de travail est de 8 km en milieu urbain, ce qui représente 40 min de vélo. 

Le développement des pistes cyclables au Québec est en pleine progression. La route verte, composée de pistes cyclables, d’accotements asphaltés et de chaussées désignées à travers la province, avec plus de 4000 km de pistes, a été inaugurée en 2008 par transport Québec. Actuellement, 3527 km de la Route verte sont balisés, 509 km sont accessibles sans être balisés et 358 km sont en développement. Vélo Québec est satisfait des progrès réalisés depuis 2007 à Montréal, avec l’ajout de 43 km de voies cyclables par année. La ville de Québec s’est davantage attardée à développer des axes cyclables de loisir le long du littoral (Beauport, rivière St-Charles (8km), promenade Champlain le long du fleuve (10 km), préférée aux besoins criants de transport actif, et plus particulièrement dans l’axe reliant Sainte-Foy au centre-ville, tel que recommandé dans le Plan directeur du réseau cyclable de 2008.

Au niveau de la sécurité et de la prévention des accidents, le port du casque a vélo est recommandé, ce que font seulement 40% des cyclistes. Jean-Marie DeKoninck, de la table de sécurité routière, est d’avis que le partage des voies cyclables avec les piétons et les automobiles est de l’ordre de la courtoisie. A cet effet, les lecteurs de ce blogue se souviendront que j’ai discuté l’été dernier du comportement exemplaire des citoyens de Amsterdam lors de leurs déplacements à vélo. Un des éléments importants qui facilite grandement la courtoisie et le partage des voies était l’utilisation de la sonnette, équipement efficace que je vois installé peu souvent sur les vélos au Québec. Le respect du code de la route avec une place plus importante pour les piétons et les cyclistes est aussi de mise.

Cette semaine de promotion du transport actif sera aussi l’occasion pour les organismes et les citoyens de se prononcer dans le cadre de la consultation de la ville de Québec sur le Plan de mobilité durable de la Ville de Québec. Ce plan se veut un guide d’urbanisation et de développement de ses modes de transport (actifs, collectifs (autobus, train, tramway), voiture, transport de marchandises) dans une perspective de développement durable pour les 20 prochaines années. Le transport actif y est pourtant peu abordé.

Je parlerai de tout cela lors de ma première chronique au canal VOX-9 sur le câble à l’émission Bonheur total  le 29 septembre à 20h30 (voir l’émission aussi sur le site internet).

_________________________________________________
Paul Boisvert, PhD, docteur en kinésiologie
Coach Minceur en perte de poids santé
Expert-analyste sur l’obésité, la saine alimentation et l’activité physique

Apercu

Facebooktwitterpinterestlinkedinyoutubetumblrinstagramflickr